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Environnement, mode de vie et fertilite

Environ un couple sur six rencontre des difficultés à concevoir, avec une augmentation régulière du nombre de couples concernés.

Une des hypothèses pour expliquer cette tendance est l’existence de facteurs comportementaux et environnementaux. En effet, un certain parallélisme est observé entre l’augmentation de l’incidence de l’infertilité et celle des modes de vie non optimaux et de l’utilisation de produits chimiques.

Par ailleurs, certains de ces facteurs (alimentation, activité sportive, tabac, alcool, etc.) présentent la caractéristique d’être modifiables. Ainsi, bien que n’expliquant pas à eux seuls l’infertilité du couple, ils pourraient constituer des leviers afin d’optimiser les chances d’obtenir une grossesse, naturellement ou avec des traitements d’AMP.

 

Environnement et fertilité

 

L’exposition à certains polluants environnementaux, tels que métaux lourds (arsenic, mercure, plomb, aluminium), pesticides organo-chlorés, solvants ou phtalates, a un impact délétère sur la régularité des cycles, le risque de fausses-couches ou les paramètres du sperme. Un des mécanismes biologiques possibles est la perturbation endocrinienne. Les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui imitent, modifient ou bloquent l’action des hormones. A l’heure actuelle, la proportion des troubles de la fertilité expliquée par l’exposition aux polluants environnementaux n’est pas connue. De plus, il existe des centaines de polluants qui agissent simultanément, sans qu’il soit possible d’affirmer la part de chacun, et ils agissent parfois en synergie, rendant très difficile l’évaluation de l’effet global de ce cocktail auquel nous sommes exposés.

 

En pratique :

– Privilégier une alimentation biologique afin d’éviter l’exposition aux pesticides. A défaut, éplucher les fruits, légumes et végétaux (les pesticides se concentrant au niveau de la peau de ceux-ci)

– Privilégier les produits ménagers et cosmétiques achetés en magasins bio et les plus simples possibles

– Eviter de faire chauffer les emballages alimentaires en plastique au four à micro-ondes (privilégier les récipients en verre)

 

Alimentation et fertilité

 

Des études de plus en plus nombreuses s’intéressent au lien entre alimentation et fertilité. Globalement, les niveaux de preuves de ces études restent relativement faibles, notamment car elles se basent sur des questionnaires alimentaires (donc auto-déclaratifs), étudient des aliments ou groupes d’aliments différents, définissent différemment le régime sain et présentent de nombreux biais et facteurs confondants.

Néanmoins, la plupart des études aboutissent au même type de conclusion, à savoir qu’une alimentation variée, saine et équilibrée est favorable pour la fertilité féminine (naturelle ou après FIV) et masculine (évaluée par les paramètres du sperme), avec une mention spéciale pour le régime dit « méditerranéen », riche en acides gras insaturés (en particulier oméga 3), pauvre en graisses saturées.

Elles soulignent également la nécessité de limiter les apports en sucres, édulcorants de synthèse, viandes rouges et transformées.

 

Concernant les compléments alimentaires, les carences, mais aussi les excès, peuvent être délétères la fertilité.

Chez la femme, une supplémentation en acide folique est conseillée pour toutes les femmes désirant une grossesse. En dehors de cette vitamine, aucune preuve scientifique n’est actuellement disponible concernant l’intérêt des suppléments multivitaminiques. Chez l’homme, aucune preuve scientifique n’est actuellement disponible concernant l’intérêt des suppléments vitaminiques. Certains antioxydants pourraient néanmoins s’avérer utiles, mais seulement dans certaines indications précises.

 

En pratique :

  • A l’heure actuelle, aucun régime, aucun aliment, aucun groupe d’aliments, n’a formellement démontré un effet bénéfique sur la fertilité.
  • Il semble qu’une alimentation variée, équilibrée et saine, tant chez la femme que chez l’homme, est favorable pour l’obtention d’une grossesse.
  • Privilégier une alimentation riche en fruits et légumes, poissons, céréales, antioxydants naturels.
  • Limiter la consommation de viande rouge, graisses, sucres et édulcorants de synthèse.

 

www.mangerbouger.fr/PNNS

 

Tabac et fertilité

 

Arrêter de fumer est nécessaire pour protéger la santé du fœtus. Mais c’est aussi un facteur clé pour obtenir une grossesse. En effet, le tabac impacte la fertilité de la femme et de l’homme, augmente le délai nécessaire à concevoir naturellement et diminue les chances de réussite en AMP.

 

Chez la femme, le tabac entraîne un allongement du délai nécessaire pour concevoir un enfant, avec des effets délétères bien démontrés sur le nombre et la qualité des ovocytes, ainsi que sur les chances d’implantation des embryons. De plus, les femmes fumeuses sont en moyenne ménopausées plusieurs mois (9 à 24 selon les études) avant les femmes non fumeuses !

 

Chez l’homme, il est largement admis que le tabac est délétère pour la plupart des paramètres du sperme. Une diminution du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes peut être observée, mais également une baisse de la qualité des spermatozoïdes, qui présentent des anomalies morphologiques et une fragmentation de leur ADN. Ces altérations sont réversibles et les effets bénéfiques sont rapidement obtenus après le sevrage (3 à 6 mois).

 

Les effets délétères du tabac sur les résultats des techniques de FIV sont également bien connus. Globalement, on obtient moins d’embryons chez les fumeuses et des taux d’implantation moins bons. La plupart des centres d’AMP exigent donc un sevrage tabagique avant toute prise en charge afin d’améliorer les chances de réussite.

 

En pratique :

  • Si fumer ne rend pas directement infertile, le tabac est un facteur particulièrement délétère pour la fertilité du couple.
  • Les effets du sevrage tabagique sur l’amélioration des paramètres du sperme semblent être rapidement obtenus.
  • Les résultats de la FIV sont moins bons chez les femmes fumeuses que chez les non-fumeuses.
  • Le sevrage tabagique devrait être la règle pour un couple qui souhaite concevoir un enfant !

 

www.tabac-info-service.fr

 

Alcool et fertilité

 

L’alcool fait également partie des facteurs qui peuvent affecter la fertilité, aussi bien féminine que masculine.

Il existe un lien chez la femme entre consommation excessive et infertilité.

Chez l’homme, une consommation excessive de façon chronique entraîne des altérations du sperme, pouvant parfois même aboutir à une azoospermie. Ces altérations semblent réversibles après sevrage. De même, une baisse de la quantité et de la qualité des spermatozoïdes ont été observée dans les jours qui suivaient une consommation excessive.

Enfin, des données solides sont disponibles sur l’effet néfaste de la consommation d’alcool le mois précédent une FIV, même pour une consommation relativement faible (1 verre vin/j pendant 4 jours sur 7).

 

En pratique :

  • Bien qu’il n’existe pas de seuil clair de consommation à ne pas dépasser, un avis d’experts de Santé publique France et de l’Inca a proposé une valeur repère à ne pas dépasser : 10 verres standard par semaine et pas plus de 2 verres standard par jour. 1 verre standard = 10 g d’alcool pur (soit 25 cL de bière, 10 cL de vin ou de champagne, 2,5 cL de whisky par exemple).
  • Pendant la grossesse, en sachant que même des consommations ponctuelles peuvent avoir des conséquences sur le bébé, il est fortement recommandé de ne pas consommer d’alcool. Ainsi, en FIV, il est conseillé de s’abstenir d’alcool dès le transfert embryonnaire réalisé.

 

www.alcool-info-service.fr

 

Exposition à la chaleur et fertilité masculine

 

Il est bien connu depuis de nombreuses années que l’exposition chronique à la chaleur affecte la production de spermatozoïdes et peut donc constituer un facteur d’infertilité masculine. Les altérations du sperme observées sont réversibles en cas d’arrêt de l’exposition.

 

En pratique, pour l’homme :

  • éviter la position assise sur de longues périodes
  • éviter bains chauds, sauna, hammam
  • éviter de poser son ordinateur portable sur ses genoux
  • privilégier le port de sous-vêtements et vêtements amples

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